Plantes dépolluantes : mythe ou réalité face à un purificateur d'air ?
L'étude de la NASA de 1989 a lancé la mode des plantes dépolluantes. Trente ans de recherches plus tard, le verdict est nettement plus nuancé.
Par la rédaction de Meilleur Purificateur d'Air · Mis à jour en octobre 2026

Les plantes dites « dépolluantes » absorbent bien certains polluants en laboratoire, mais leur effet dans un logement réel est négligeable. L’ADEME considère que l’argument n’est pas validé scientifiquement, et une analyse de 2019 a calculé qu’il faudrait des dizaines à des centaines de plantes par mètre carré pour égaler une simple aération. Face à un purificateur d’air ou à des fenêtres ouvertes, la comparaison ne tient pas.
D’où vient l’idée : l’étude de la NASA de 1989
Tout part d’un rapport technique publié par la NASA en juillet 1989. Ses auteurs, B. C. Wolverton, du centre spatial John C. Stennis, et deux ingénieurs de la société Sverdrup Technology, cherchaient des moyens d’épurer l’air de stations spatiales, des milieux totalement clos. Ils ont mesuré la capacité de plusieurs plantes d’intérieur courantes à faire baisser trois composés : le benzène, le trichloroéthylène et le formaldéhyde.
Le rapport concluait que les plantes pouvaient jouer un rôle important dans l’élimination de ces composés organiques. Un détail est souvent oublié : la liste des plantes testées avait été établie conjointement par la NASA et une association professionnelle américaine de paysagistes d’intérieur. Le message a été largement repris, simplifié, puis transformé en argument de vente. Des listes de « plantes NASA » circulent encore aujourd’hui.
Ce que les expériences en laboratoire ne disent pas
Le problème n’est pas que les plantes n’absorbent rien. C’est que les conditions de test n’ont rien à voir avec une maison. Les chercheurs de l’université Drexel décrivent le protocole typique de ces études : une plante en pot est placée dans une enceinte scellée, souvent d’un mètre cube ou moins, on y injecte un seul composé, puis on suit sa baisse pendant des heures, voire des jours.
Dans un logement, rien de tout cela n’est vrai :
- le volume d’air est bien plus grand, plusieurs dizaines de mètres cubes pour une simple chambre ;
- l’air se renouvelle en permanence par la ventilation, les entrées d’air et les ouvertures ;
- les polluants sont nombreux et émis en continu par les meubles, la cuisine, les produits ménagers ;
- une plante ne « voit » que l’air qui passe à proximité immédiate de ses feuilles et de son terreau.
Les recherches françaises ont d’ailleurs montré que, dans le système plante-terreau, ce sont surtout les micro-organismes du sol qui assurent l’essentiel de l’absorption, plus que le feuillage.
En bref : plus efficace qu'une plante : notre trio de tête
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Le programme Phytair et l’avis de l’ADEME
Phytair : du laboratoire à la maison expérimentale
En France, le programme de recherche Phytair, soutenu par l’ADEME, a étudié la question de 2005 environ à 2012. Il réunissait l’université Lille II, le laboratoire PC2A et le CSTB, qui a fourni une maison expérimentale pour tester les plantes en conditions réelles. Trois espèces ont été étudiées (le pothos, la plante araignée et le dragonnier), face au monoxyde de carbone, au benzène et au formaldéhyde.
En chambre de laboratoire, le système terre-plante a bien montré une capacité d’absorption. Mais en conditions réelles, les chercheurs ont conclu que son efficacité ne permettait pas d’éliminer de façon efficace les polluants aux concentrations habituellement rencontrées dans les logements.
La position de l’ADEME
S’appuyant sur ces travaux, l’ADEME a publié un avis sans ambiguïté : l’argument « plantes dépolluantes » n’est pas validé scientifiquement au regard des niveaux de pollution des logements et des connaissances actuelles. L’agence recommande de miser sur la limitation des sources de pollution, l’entretien des appareils de chauffage, la réduction des produits ménagers chimiques et l’aération.
Cummings et Waring (2019) : le calcul qui a tranché
En 2019, Bryan Cummings et Michael Waring, de l’université Drexel à Philadelphie, ont publié dans le Journal of Exposure Science and Environmental Epidemiology une revue d’une douzaine d’études couvrant trente ans de recherche. Leur idée : convertir les résultats de laboratoire en « débit d’air purifié », le fameux CADR qui sert aussi à évaluer les purificateurs d’air.
Le résultat est sans appel. Pour égaler l’effet de la ventilation d’un bâtiment, ou même de quelques fenêtres ouvertes dans une maison, il faudrait entre 10 et 1 000 plantes par mètre carré de sol. Dans une pièce de vie de 20 m², cela représente au minimum 200 pots. Le renouvellement naturel de l’air est si rapide que l’effet des plantes devient insignifiant.
Les auteurs ne disent pas que les plantes sont inutiles, mais qu’elles n’épurent pas l’air assez vite pour peser sur la qualité de l’air d’un logement ou d’un bureau. Ils y voient un exemple de résultat scientifique mal interprété au fil du temps.
Plantes ou purificateur d’air : la comparaison
| Critère | Plantes d’intérieur | Purificateur à filtre HEPA |
|---|---|---|
| Principe | Absorption lente par les feuilles et surtout le terreau | Aspiration et filtration de l’air de la pièce |
| Effet sur les particules | Non démontré en logement | Mesurable, exprimé par le CADR |
| Effet sur les COV | Négligeable en conditions réelles (ADEME) | Partiel, avec un filtre à charbon actif |
| Volume traité | Air au contact immédiat | Toute la pièce si le CADR est adapté |
| Effet sur le CO2 et l’humidité | Non significatif | Aucun |
| Entretien | Arrosage, rempotage | Changement de filtre |
Le purificateur ne fait pas tout non plus : il ne renouvelle pas l’air et ne retire ni le CO2 ni l’humidité. Pour savoir ce qu’il peut réellement apporter, consultez notre guide à quoi sert un purificateur d’air. Pour choisir un appareil adapté à votre pièce de vie, notre sélection de purificateurs pour le salon part du CADR, et le guide quel CADR pour quelle surface explique le calcul.
Notre recommandationPhilips Série 600i · 8,3/10CADR 170 m³/h · HEPA (classe non précisée) · Dès 19 dB(A)Voir le prixLire notre analyse →Les plantes ont-elles quand même un intérêt ?
Oui, simplement pas celui qu’on leur prête. Les chercheurs de Drexel reconnaissent que les plantes ont des bienfaits, en particulier sur le bien-être. Une pièce végétalisée est plus agréable à vivre. Rien n’empêche donc d’en installer, tant qu’on ne leur confie pas un rôle sanitaire.
Le vrai risque est ailleurs : croire qu’un ficus dispense d’ouvrir les fenêtres ou de surveiller ses sources de pollution. L’ADEME insiste sur ce point : l’utilisation de plantes ne doit en aucun cas se substituer à la réduction des sources et à l’aération.
Ce qui fonctionne vraiment pour assainir l’air
Les mesures efficaces sont connues, et plus simples qu’une jungle d’intérieur :
- Réduire les sources : pas de tabac à l’intérieur, moins de bougies et d’encens, des produits ménagers simples, des meubles peu émissifs.
- Aérer chaque jour : le ministère de la Transition écologique recommande d’ouvrir grand les fenêtres au moins 10 minutes par jour, été comme hiver.
- Entretenir la ventilation et les appareils à combustion.
- Filtrer les particules avec un purificateur HEPA, en complément, si vous êtes exposé à la pollution, allergique ou propriétaire d’animaux.
Notre guide sur la qualité de l’air intérieur détaille chacun de ces leviers, polluant par polluant.
L’essentiel à retenir
- L’étude NASA de 1989 portait sur des enceintes scellées, très éloignées d’un logement réel.
- Le programme Phytair et l’ADEME concluent que les plantes n’éliminent pas efficacement les polluants aux niveaux rencontrés dans les logements.
- Selon Cummings et Waring (2019), il faudrait 10 à 1 000 plantes par mètre carré pour égaler une simple ventilation.
- Un purificateur à filtre HEPA a un effet mesurable sur les particules, mais ne remplace pas l’aération.
- Gardez vos plantes pour le plaisir, et comptez sur la réduction des sources et l’aération pour la qualité de l’air.
Notre comparatif : plus efficace qu'une plante : notre trio de tête
| Modèle | Note | Points clés | Budget | |
|---|---|---|---|---|
| Philips Série 600i Notre recommandation | 8,3/10 | CADR 170 m³/h · HEPA (classe non précisée) · Dès 19 dB(A) | Moins de 100 € | Voir le prix |
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Questions fréquentes
Les plantes dépolluantes sont-elles efficaces ?
Combien de plantes faut-il pour purifier l'air d'une pièce ?
Qu'a vraiment montré l'étude de la NASA sur les plantes ?
Une plante peut-elle remplacer un purificateur d'air ?
Faut-il quand même mettre des plantes chez soi ?
Sources consultées
- NASA, A Study of Interior Landscape Plants for Indoor Air Pollution Abatement (Wolverton, Douglas, Bounds, 1989)
- ADEME, Plantes et épuration de l'air intérieur (avis, 2013)
- ADEME, Épuration et biosurveillance par les plantes des polluants de l'air intérieur (PHYTAIR 1, 2, 3)
- Université Drexel via ScienceDaily, Potted plants don't improve indoor air quality (Cummings et Waring, 2019)
- Ministère de la Transition écologique, Qualité de l'air intérieur

